
A Brongniart, pendant ces 3 jours, on était « entre soi » et on ne manquait pas de se féliciter de la participation nombreuse aux Etats généraux et de leur réussite exceptionnelle – tel était le ton dominant du bilan dans la dernière séance du dimanche appelée « l’après-Brongniart ».
Par « entre soi » il faut entendre que tout le monde se connaissait ou presque, que les uns et les autres témoignaient d’expériences aux mêmes tonalités et qu’on était plutôt autocentrés sur un projet commun laissant à l’extérieur le FMI, la Grèce et les indignés qui voulaient prendre la Bastille. Le 1er d’entre eux cependant était à Brongniart et j’ai eu le plaisir et l’honneur de saluer Stéphane Hessel.
Il y eut quelques grands moments avec Edgar Morin, Patrick Viveret et autres géniaux comparses mais pas assez de places pour écouter Michel Onfray.
Enfin, apparut à la dernière minute un invité surprise venu en voisin curieux dire qu’il avait été séduit par l’ESS - lui qui travaillait pour un cabinet d’avocats financiers aux States - et qu’il espérait que notre démarche allait pouvoir peu à peu pénétrer l’économie capitaliste…sans doute avec les yeux de la foi qui transportent les montagnes !
Il y avait du monde (5000 visiteurs) mais aussi beaucoup d’absents et notamment les grandes coopératives, mutuelles et banques mutualistes ainsi que de grands secteurs associatifs. Et les témoignages dans les ateliers furent portés plutôt par des scops et des associations ainsi que des collectivités locales et des universitaires spécialistes de l’économie sociale et solidaire. Ce fut l’occasion de vérifier certaines analyses ou de se voir confirmer quelques inquiétudes.
Lors d’une réunion des CPCA régionales à Paris, à Laurent Fraisse du Labo de l’ESS qui nous expliquait la démarche des Etats généraux, nous disions qu’on voyait mal comment il trouverait le temps d’exploiter les « cahiers d’espérance » pour en dégager une synthèse crédible. Et il nous répondait qu’en effet, faute de temps, les conclusions seraient écrites sans pouvoir prendre tous les espoirs en compte.
De la même façon, Jean-Louis Cabrespines, Président du CNCRES et Patricia Coler du MES présentèrent, à 2 voix alternées, les 10 orientations de Brongnart sans avoir pu faire autrement qu’elles n’aient été rédigées avant. Et s’il apparaît en plus que le Labo ait eu une maîtrise peu partagée de l’organisation globale de l’évènement, on peut interroger l’aspect démocratique de l’évènement pourtant essentiel à nos yeux entre acteurs de l’ESS.
Il est donc de plus en plus nécessaire que le monde associatif qui représente 85% de l’ESS et - qui, comme nous le faisons en Bretagne, apporte une honnête contribution à la démarche collective - se fasse mieux entendre dans le concert partenarial – plus d’ailleurs que ne l’a fait la CPCA nationale, très discrète à Brongniart.
Francis LE HERISSE
